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La vraie question n'est pas l'âge des radiateurs
On lit souvent qu'une pompe à chaleur exige des radiateurs neufs, et que la fonte est à jeter. C'est faux, et les mesures le montrent.
Une étude publique a suivi cent pompes à chaleur installées en maisons individuelles. Trois quarts d'entre elles fonctionnent sur radiateurs seuls, dont un quart sur des radiateurs en fonte non rénovés. Le départ d'eau moyen relevé sur ces installations est de 40 °C, avec des valeurs allant de 29 à 53 °C selon les maisons.
Plus frappant : les trois meilleures performances mesurées de l'étude sont des installations sur radiateurs.
Pourquoi la température d'eau change tout
Une pompe à chaleur produit de la chaleur en la déplaçant depuis l'air extérieur. Plus l'écart entre l'air extérieur et l'eau qu'elle doit produire est grand, plus elle travaille — et plus elle consomme.
L'ADEME donne un ordre de grandeur simple à retenir : baisser de 10 °C la température de l'eau qui circule dans vos radiateurs fait gagner environ un point de coefficient de performance.
C'est pour cela qu'une même machine, dans deux maisons voisines, peut donner des résultats très différents. Ce n'est pas la machine qui change, c'est l'eau qu'on lui demande de produire.

Basse température : un mot piégé
Le terme est employé dans deux sens différents, l'un commercial, l'autre réglementaire. La confusion coûte cher, parce que c'est le sens réglementaire qui conditionne les aides.
La réglementation française est explicite. Relèvent de la basse température, avec une efficacité mesurée à 35 °C :
- un plancher chauffant,
- un plafond chauffant,
- un mur chauffant,
- des ventilo-convecteurs à eau.
Relèvent de la moyenne ou haute température, avec une efficacité mesurée à 55 °C : tous les autres émetteurs, y compris les installations mixtes — et y compris les radiateurs commercialisés sous le nom « basse température » à régime d'eau 45 °C.
Les seuils d'efficacité énergétique saisonnière exigés diffèrent d'ailleurs selon le cas : 126 % en basse température, 111 % en moyenne ou haute température.
Source : fiche CEE BAR-TH-171, en vigueur depuis le 1er septembre 2026
Comment savoir, chez vous
Il n'y a pas de règle générale : il y a un relevé. Voici ce qu'un technicien regarde, et ce que vous pouvez observer avant même sa visite.
La température de départ actuelle
Beaucoup de chaudières affichent la consigne de départ d'eau sur leur écran. Une installation réglée à 45 ou 50 °C par grand froid est un bon signe : vos radiateurs se contentent déjà d'une eau modérée.
Le comportement par temps froid
Si toutes les pièces sont à bonne température lors des journées les plus froides sans avoir à pousser la chaudière, l'installation a de la marge. Si une ou deux pièces restent froides, ce sont elles qui devront être traitées.
La surface d'échange de chaque radiateur
Un radiateur restitue d'autant plus de chaleur qu'il est grand et que sa surface d'échange est importante. C'est pour cette raison que la fonte, massive, s'en sort souvent bien malgré son âge.
Les pièces problématiques, une par une
L'ADEME le dit sans détour : remplacer ou ajouter un radiateur dans certaines pièces peut suffire, sans passer par une rénovation lourde de toute l'installation. Le calcul se fait pièce par pièce, pas en bloc.
Le document qui vous protège
La puissance d'une pompe à chaleur ne se choisit pas au jugé, ni à la surface du logement. Elle se calcule à partir des déperditions de la maison, évaluées à la température extérieure de base de votre secteur — celle contre laquelle l'installation doit tenir.
Les certificats d'économies d'énergie imposent au professionnel de rédiger une note de dimensionnement et de vous la remettre au moment de l'engagement. Elle indique les déperditions calculées et justifie la puissance retenue.
60 %
C'est le seuil en dessous duquel une installation est déclarée non conforme lors des contrôles : la puissance de la pompe à chaleur, hors appoint électrique, doit couvrir au moins 60 % des déperditions du logement.
Source : annexe III de l'arrêté du 28 septembre 2021
En Île-de-France, la température extérieure de base est de −9,5 °C sous 400 mètres d'altitude, au sens de la méthode de calcul du diagnostic de performance énergétique.
Et si mes radiateurs ne conviennent pas ?
Trois options, de la plus légère à la plus lourde.
- Remplacer un ou deux radiateurs dans les pièces qui coincent. C'est le cas le plus fréquent, et le moins coûteux.
- Ajouter un radiateur dans une pièce sous-équipée, plutôt que de remplacer l'existant.
- Passer en moyenne température assumée. Certaines machines produisent une eau plus chaude. La consommation est plus élevée, mais l'installation existante est conservée. C'est un arbitrage, et il doit être expliqué sur le devis.
Une quatrième piste est souvent la meilleure : isoler d'abord. Une maison qui perd moins demande une eau moins chaude pour la même température intérieure. Les radiateurs qui ne convenaient pas peuvent alors convenir — et la machine à installer devient plus petite, donc moins chère et plus discrète.
Un point technique à connaître
Si l'on vous propose une pompe à chaleur réversible pour rafraîchir l'été, sachez que le rafraîchissement par des radiateurs hydrauliques pose un problème que l'ADEME signale : de l'eau froide circulant dans un radiateur provoque de la condensation, qui peut détériorer l'installation.
Le rafraîchissement par le sol ou par ventilo-convecteurs est conçu pour cela ; les radiateurs, non.
En résumé
Vos radiateurs peuvent très probablement rester. Ce qui doit être vérifié, c'est la température d'eau qu'ils demandent par grand froid, pièce par pièce — et ce qui doit vous être remis, c'est la note de dimensionnement qui justifie la machine proposée.
Et chez vous, qu'est-ce qui est possible ?
Chaque maison est différente. Décrivez la vôtre en deux minutes : nous vous rappelons pour organiser la visite.







